Propos recueillis par Agnès Auvinet pour Amsterdam Accueil

Bonjour Laurence,

AA. Vous êtes Sophrologue Praticienne Relaxologue Instructrice certifiée de pleine conscience. En quoi cela consiste svp et comment votre pratique se distingue-t-elle de la sophrologie « classique » ?

LHM. La sophrologie a été créée dans les années 1960 par le neuropsychiatre espagnol Alfonso Caycedo. Elle prend sa source dans les techniques de relaxation occidentales – Jacobson, Training Autogène de Schultz, les procédés mentaux orientaux – yoga, bouddhisme, Zen en particulier et la philosophie phénoménologique avec notamment l’épochè qui désigne la mise entre parenthèses de nos croyances et jugements sur le monde.
Cette discipline psychocorporelle favorise le bien-être et l’harmonie par la prise de conscience des relations entre le Corps et l’Esprit et permet d’en maîtriser l’équilibre en allant chercher au plus profond de soi ses ressources et ses potentiels.
La pleine conscience est une pratique de l’attention qui consiste à porter intentionnellement son regard sur l’expérience du moment présent, avec curiosité et sans jugement.
Nous retrouvons comme vous pouvez le constater cette suspension du jugement comme en sophrologie.
Dans mon accompagnement, ces deux approches se complètent naturellement. Mon parcours a été fortement influencé par la pleine conscience, notamment à travers l’enseignement d’Eline Snel, dont l’approche auprès des enfants et des adolescents m’a profondément inspirée. La sophrologie offre des outils concrets pour retrouver des ressources et avancer vers un objectif, tandis que la pleine conscience invite à accueillir ce qui est déjà là, avec davantage de présence et de bienveillance.
Cette double formation me permet d’adapter mon accompagnement à chaque personne, qu’elle soit adulte, enfant ou adolescent.

AA. Quand êtes-vous arrivée aux Pays-Bas et quel a été votre parcours géographique, humain et professionnel avant de vous lancer dans cette aventure ?

LHM. Je suis arrivée aux Pays-Bas en 1996 pour rejoindre celui qui allait devenir mon mari. J’ai alors appris le néerlandais de manière intensive.
Puis nous sommes partis vivre à Casablanca au Maroc. Cette expérience a été extrêmement enrichissante sur le plan humain. J’y ai notamment donné des cours de français au sein de Casa Accueil et fait du bénévolat dans un orphelinat. J’ai profondément aimé ce pays, sa culture et la chaleur de ses habitants.
En 1999, nous sommes revenus nous installer à Amsterdam, où je vis toujours aujourd’hui. J’ai alors travaillé dans un institut de langues en tant que responsable clientèle.
À la naissance de notre deuxième fille, Elisa, j’ai choisi de mettre ma carrière entre parenthèses afin de me consacrer à notre famille. Nos deux filles, Léa et Elisa, n’ont que dix-huit mois d’écart et, loin de nos familles respectives, cette présence me semblait essentielle.
Quelques années plus tard, lorsque j’ai souhaité reprendre une activité à temps partiel, le marché de l’emploi avait considérablement changé. Je me suis alors lancée dans une activité de location de maisons de charme dans le Sud-Ouest de la France, dont je suis originaire, bien avant l’arrivée de plateformes comme Airbnb ou Booking.
Un événement a profondément changé le cours de ma vie en 2010 : le décès de ma maman, emportée par un cancer du pancréas en seulement six mois.
C’est à cette période que j’ai découvert la sophrologie. D’abord pour moi-même. Puis, progressivement, l’envie est née d’accompagner à mon tour les personnes traversant des périodes difficiles.
Issue d’une famille de médecins, j’ai toujours été sensible aux questions liées à la santé. Je me suis formée à la sophrologie pendant 3 ans, puis spécialisée dans plusieurs domaines tels que les troubles du sommeil, les acouphènes et l’hyperacousie, le burn-out ainsi que l’accompagnement en obstétrique et maternité, notamment à l’hôpital Saint-Antoine auprès du Docteur Rubio, qui avait travaillé avec Alfonso Caycedo, fondateur de la sophrologie.
Mon chemin m’a ensuite conduite très naturellement vers la méditation de pleine conscience.
Aujourd’hui, la boucle est bouclée. Le point de départ fut profondément douloureux, mais il m’a conduite vers un métier qui a du sens pour moi. J’éprouve beaucoup de gratitude pour le chemin parcouru et pour la possibilité d’accompagner à mon tour les personnes qui traversent des périodes difficiles.

AA. Quelles formations sont nécessaires pour pouvoir exercer votre activité ?
LHM. La sophrologie n’est pas une profession réglementée. Il n’existe donc pas de diplôme d’État. Cela rend d’autant plus important le choix d’une formation sérieuse et de qualité.
Pour ma part, j’ai suivi une formation complète en 3 ans en sophrologie et relaxation à l’ESSA, près du château de Vincennes. J’avais choisi cette école parce que sa directrice, Anne Almqvist, était infirmière de formation et accompagnait notamment des personnes atteintes de cancer. Cette approche profondément humaine résonnait particulièrement en moi.
J’ai ensuite poursuivi mon parcours par plusieurs spécialisations dans différentes écoles, notamment dans les troubles du sommeil, les acouphènes et l’hyperacousie, le burn-out ainsi que l’accompagnement en obstétrique et maternité. Plus tard, je me suis également formée à la pleine conscience en suivant le programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) puis la formation d’instructrice pour enfants et adolescents auprès d’Eline Snel.
Au-delà de la formation initiale, je pense que la formation continue est essentielle dans ce métier. Nous accompagnons des personnes aux parcours et aux besoins très différents ; il est important de continuer à apprendre et à enrichir sa pratique tout au long de sa vie professionnelle. C’est pour cette raison que je me forme actuellement à la thérapie fondée sur la compassion, qui vient enrichir mon approche de la sophrologie et de la pleine conscience.

AA. Quels types de patients accompagnez-vous ?
LHM.
J’accompagne des adultes, des enfants et des adolescents.
Chez les enfants et les adolescents, les demandes concernent souvent des difficultés émotionnelles telles que l’anxiété, les peurs, le manque de confiance en soi, les troubles du sommeil ou encore la gestion du stress scolaire, l’anxiété de performance que l’on voit souvent chez les jeunes filles.
J’accompagne également des situations plus spécifiques comme le harcèlement, les troubles du comportement alimentaire, ou les difficultés liées aux changements dans la vie familiale, par exemple l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur.
Pour les adultes, les accompagnements concernent notamment le stress, le burn-out, les périodes de transition de vie, les troubles du sommeil, les acouphènes ou encore les situations de deuil ou de séparation ainsi que l’accompagnement lié à la maladie, notamment en cancérologie.
Dans tous les cas, il s’agit d’offrir un espace d’écoute et des outils concrets pour permettre à chacun de retrouver ses propres ressources.

AA. Quand estimez-vous que l’accompagnement d’un patient est réussi ?

LHM. Pour moi, un accompagnement est réussi lorsque la personne n’a plus besoin de moi.

Cela ne signifie pas que toutes les difficultés ont disparu, mais qu’elle a retrouvé suffisamment de confiance en ses propres ressources pour faire face aux situations qu’elle rencontre.

J’aime lorsque les personnes repartent avec des « outils » qu’elles peuvent s’approprier et utiliser de manière autonome dans leur quotidien, en fonction de leurs besoins. Je préfère les mots « philosophie de vie », « hygiène de vie » au mot « outils » mais la sophrologie ludique offre par exemple des outils très concrets en se servant notamment du souffle avec une intentionnalité différente en fonction de l’exercice.

AA. Comment choisit-on son sophrologue ?
LHM. Au-delà des diplômes et de l’expérience, la qualité de la relation est essentielle.
Il est important de se sentir écouté, accueilli et en confiance.
Le premier contact permet souvent de percevoir si le courant passe naturellement. Cette confiance mutuelle constitue une base précieuse pour le travail qui suivra.

AA. Vous êtes souvent confrontée à des situations personnelles très douloureuses, comment préservez-vous l’énergie et l’empathie nécessaires à l’accompagnement ?
LHM.
Accompagner la souffrance des autres demande effectivement de trouver un équilibre.
La pleine conscience et la sophrologie ne sont pas seulement les outils que je transmets ; elles font également partie de mon quotidien.
Elles m’aident à rester présente à ce que vivent les personnes que j’accompagne tout en conservant la juste distance nécessaire.
Je veille également à respecter mon propre équilibre grâce à des temps de ressourcement, à la supervision et à la formation continue. Je fais régulièrement des retraites avec Soizic Michelot que j’affectionne tout particulièrement.
• Avez-vous vous-même un référent avec qui partager vos émotions ?
Oui. Je crois profondément à l’importance d’être soi-même accompagné(e) lorsque l’on accompagne les autres.
Les échanges avec des pairs, les temps d’intervision, de supervision et mon propre cheminement personnel sont des ressources précieuses qui me permettent de continuer à exercer avec justesse et authenticité.


AA. Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

LHM. Ce qui me touche le plus, c’est d’être témoin des petits changements qui transforment parfois profondément une vie.

Un enfant qui apprend à identifier ses émotions, un adolescent qui retrouve confiance en lui, un adulte qui redécouvre ses ressources…

J’aime voir les personnes reprendre progressivement contact avec ce qui est déjà présent en elles.

Je n’oublierai jamais cette phrase d’un enfant de 6 ans me dire émerveillé : « j’ai découvert cet espace tranquille en moi… » J’ai trouvé cela tellement touchant. Un cadeau pour la vie !

AA. Comment se déroule un accompagnement-type ? Proposez-vous un suivi individuel ou en groupe ? Où se déroulent les séances ?

LHM. Chaque accompagnement est personnalisé.

La première séance est consacrée à un temps d’échange afin de comprendre les besoins et les attentes de la personne sachant que l’objectif de la personne peut évoluer au fil des séances. J’enchaine avec des exercices de sophrologie ludique et de pleine conscience et exceptionnellement avec une séance où la personne est couchée afin que je puisse observer comment elle respire. J’introduis des exercices de cohérence cardiaque puis j’enchaine avec une lecture du corps et une visualisation positive.

Les séances suivantes alternent généralement en fonction de l’approche choisie et de l’objectif de la personne avec des exercices de respiration, de relaxation, de sophrologie de base ou ludique et de pleine conscience et enfin un temps de partage afin d’essayer de mettre des mots sur les ressentis.

Pour les enfants et les adolescents je travaille principalement avec la méthode d’Eline Snel « L’attention, ça marche ! » soit un programme de 8 semaines pour les enfants et de 10 semaines pour les adolescents.

Je propose principalement des accompagnements individuels pour adultes, enfants et adolescents, ainsi que des ateliers de groupe selon les projets et les demandes.

Les séances se déroulent chez moi à Amsterdam.

AA. Dans quelle(s) langue(s) se déroulent les séances ?

LHM. Les séances peuvent se dérouler en français, en anglais ou en néerlandais.

AA. Vos prestations sont-elles prises en charge par les mutuelles ?

LHM. Certaines mutuelles peuvent proposer une prise en charge partielle des séances de sophrologie. Les modalités variant selon les organismes, je recommande aux personnes de se renseigner directement auprès de leur assureur.

AA. Où vous contacter pour plus d’informations ?

LHM. Pour me contacter, vous pouvez passer par mon site internet, m’écrire par email ou via mon profil Linked In ou Instagram.

https://sophrosan.com
info@sophrosan.com
https://www.instagram.com/sophrosan/

AA. Merci.

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